TIENS, IL Y A MOINS DE BRUIT !

Avec les mesures de confinement, toutes les activités bruyantes liées au fonctionnement de la capitale se sont progressivement arrêtées : trafic automobile, chantiers, activités culturelles et événementielles, magasins... Sur le terrain, le réseau de sonomètres permanents de Bruxelles Environnement a pu mesurer les effets concrets de cette situation particulière. Avec quelles conclusions provisoires ? Voyez plutôt !

Trafic routier

Le grondement de la circulation est assez représentatif du bruit ambiant en ville. En temps ordinaire, le trafic engendre un volume sonore non négligeable. On ne s’étonnera donc pas d’apprendre que le bruit dû au trafic routier a connu une forte baisse à partir du lundi 16 mars avec la fermeture des écoles et la recommandation d’effectuer du télétravail. Cette baisse s’est accentuée avec les mesures de confinement appliquées à partir du 18 mars à midi.

Comme un dimanche sans voiture !

Outre les diminutions de bruit observées habituellement les week-ends, une baisse généralisée des niveaux de bruit de fond a été constatée auprès de cinq stations de mesures et ce, dès le lundi 16 mars. Cette diminution atteignait parfois jusqu’à une vingtaine de dB(A) suivant le jour et la station.

Les diminutions les plus marquées ont été observées pour les stations situées le long des grands axes autoroutiers, comme l’E411 à Auderghem et l’E40 à Woluwe-Saint-Lambert, ainsi que le long d’axes routiers principaux, tels la chaussée de Wavre à Auderghem ou l’avenue Houba de Strooper à Laeken. Les baisses observées se sont approchées des écarts constatés lors des dimanches sans voiture !

Concours Field recording « Confiné » !

En cette période recluse, les organisateurs de la Semaine du Son proposent aux Bruxellois·es de conserver des témoignages sonores de ce moment particulier : activités humaines, paroles, sons de la nature ou liés à une activité mécanique, enregistrés depuis les fenêtres, portes, cours, plates-formes et jardins. Les meilleures séquences seront diffusées lors de la Semaine du Son 2021. La date limite de réception des séquences se situera environ quatre semaines après la fin du confinement. Un second concours sera aussi organisé pour celles et ceux qui ne disposent pas, chez elles/eux, de matériel de suffisamment bonne qualité pour participer à cette compétition.

lasemaineduson.be

Trafic ferroviaire

Le confinement a également eu une influence audible sur le bruit engendré par la circulation des trains. La diminution de bruit observée pour le trafic ferroviaire est cependant moindre que celle qui a été constatée avec la circulation routière. Malgré un trafic ferroviaire réduit, de nombreux trains ont en effet continué à circuler suite à la mise en place, à partir du lundi 23 mars, d’un service alternatif des trains desservants l’ensemble du réseau.

Trafic aérien

Le trafic aérien a fortement diminué de manière générale depuis le début de la crise. En avril, le nombre d’avions survolant la région a été divisé par six. Cette diminution s’observe bien au niveau des sonomètres habituellement survolés qui captent beaucoup moins d’avions en cette période. Cependant, pour des raisons d’approvisionnement et des raisons sanitaires, certains gros-porteurs doivent continuer à voler. Ils génèrent parfois des niveaux de bruit importants mais leur nombre est limité. De manière globale, les niveaux diminuent.

bit.ly/CoronaBruit

Bruit et Covid-19 : mieux vivre ensemble

Une certaine quiétude a peut-être gagné la capitale. Mais tout bruit n’a pas complètement disparu de nos quartiers. Nous continuons à vivre, à nous promener, à nous occuper de nos jardins, à nous amuser dehors ou à l’intérieur, à écouter de la musique... Et c’est une bonne chose. Mais en ces temps de confinement, et en particulier dans une ville dense comme la Région de Bruxelles-Capitale, il n’est pas toujours facile de vivre ensemble et de respecter la tranquillité de ses voisins. Comment éviter que les problèmes de bruit de voisinage ajoutent de la tension et un stress supplémentaires à une situation qui est déjà un peu compliquée ? C’est facile, il suffit d’un peu de bon sens et de courtoisie. Modérez par exemple le son de votre téléviseur. Évitez également de claquer les portes ou de faire fonctionner vos appareils électroménagers la nuit. Encouragez les enfants à avoir des activités calmes, surtout durant les heures de repos. Respectez la quiétude des parcs et espaces verts. Entraînez-vous avec votre instrument de musique préféré dans un local insonorisé. Privilégiez aussi les jouets ou les jeux moins bruyants. Bricolez ou entretenez votre pelouse à des heures acceptables pour tou·te·s. La brochure « Vivre au calme à Bruxelles. 100 conseils pour se protéger du bruit et éviter d’en provoquer » vous aidera à ménager vos oreilles, celles de votre entourage et celles de vos voisin·e·s. En tout cas, même s’il vous irrite, pensez que le bruit des autres n’est pas forcément volontaire. Un peu de courtoisie et de bonne volonté peuvent suffire à résoudre bien des problèmes. Avant d’envisager de se plaindre, essayez le dialogue. C’est le meilleur des anti-bruits !

bit.ly/VivreCalmeBxl

LE SAVIEZ-VOUS ?

Bruit et biodiversité

L’excès de bruit est nocif pour notre santé. De nombreuses études le démontrent. Mais on sait moins que le bruit affecte aussi la biodiversité animale. Un rapport d’étude très complet réalisé par l’organisme français Bruitparif vient de paraître sur la question. En une cinquantaine de pages, il recense l’essentiel de ce que la recherche scientifique a établi en la matière. Ce rapport porte à la fois sur les espèces marines et terrestres. Il montre que beaucoup d’entre elles sont très incommodées par la pollution sonore qui a envahi la Terre entière. On y apprend - dans le désordre - que nombre d’oiseaux doivent chanter plus fort, plus aigu ou plus souvent, que certains cétacés peuvent connaître des problèmes auditifs importants ou encore que les chiens de prairie sont dérangés par le bruit routier, ce qui est le cas aussi de certains amphibiens et peut-être même du plancton marin ! Mais si la biodiversité est affectée par le bruit, elle pourrait aussi être une partie de la solution, nous montre ce rapport. Grâce à la végétation terrestre et la végétalisation, notamment en ville, il devrait être possible d’atténuer et d’absorber, au moins en partie, cette pollution sonore !

bit.ly/BruitBiodiversite